Il existe à Orléans trois maisons d’habitation représentatives du courant architectural dit « Art nouveau » : 10 quai Barentin, 7 bis route d’Olivet et 46 rue Saint Marc. Ce courant s’est développé en France et dans toute l’Europe à partir de l’Exposition universelle de Paris de 1888 et qui a connu son apogée vers 1905.

Crédit photo : Luc Lordet

En 1905 Georges Barillet rachète à Auguste Vénard la propriété sise au 46 rue Saint Marc. Georges Marie Barillet est un enfant du quartier, né en le 31 août 1872 de Etienne Honora Barillet, charpentier, et de Euphémie Eugénie Philomène Mathieu, fruitière, qui habitaient dans le faubourg Saint Marc, au 75 rue de la Fosse au Diable. Entrepreneur en bâtiment, il se marie en 1897 à Berthe Boucher. Berthe est la fille d’Edouard Boucher, l’un des photographes précurseurs à Orléans à cette époque. M Barillet décide de « se faire plaisir en construisant sa propre maison ». Il construit sa maison en 1905. Pour raisons familiales, il n’aura que très peu habité les lieux, de 1907 à 1909. Leur fille Renée naît en 1903 et leur fils George en 1910. La famille Barillet reste propriétaire de la maison jusqu’en 1964. George Barillet déménage pour le 13 avenue du Cimetière Parisien à Pantin (Seine-Saint-Denis) où il décèdera en 1957.

La maison a ensuite été occupée par plusieurs locataires entre 1910 et 1928 (Louis Gousselin en 1910 qui loue un bureau, puis George Fernand Bellanger-Canton, André Faure-Brocvelle et Léon Grandperret). A partir de 1933 la maison est occupée par Jean Grosbois, qui y tenait son cabinet de médecin du quartier. A partir de 1948, la location est au nom de sa femme, Simone, avocate au barreau d’Orléans. Les époux rachètent la maison en 1964. Jean Grosbois résidera dans cette maison jusqu’à sa mort en juillet 1997. Jean Grosbois, résistant, a été adjoint de la municipalité Pierre Chevallier dès 1944. Il a été conseiller général du canton Orléans Saint Marc – St Jean de Braye de 1944 à 1976. Tête de liste aux élections municipales de 1971, il est ensuite 1er adjoint de René Thinat élu maire à l’issue de cette élection. Dans le quartier, une ruelle rejoignant la rue de Bellébat, porte le nom de Jean Grosbois.

La composition de la façade relève de l’excentricité, et était sans doute une volonté du maçon de démontrer son savoir-faire. Le jeu sur l’alternance de pierre meulière, d’ardoise et de brique blanche est intéressant et les motifs décoratifs utilisés témoignent d’une véritable connaissance des motifs Art Nouveau, d’inspiration japonisante, avec des motifs végétaux de pierre calcaire (chardons, masque de sirène, algues, stalactites, filets d’eau. L’accumulation des motifs décoratifs que l’on retrouve dans cette maison a conduit les détracteurs de ce courant esthétique à le qualifier de « style nouille ». Les façades et toitures sont inscrites par arrêté du 14 septembre 1994 à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

Références

Auteurs : R. Blondel, L. Lordet et J. Jacob