Source : G. Percicot – http://gpercicot.canalblog.com/albums/andre_lavrat_ferronnier/index.html

André Louis Lavrat est né le 19 décembre 1921 route de Villevaude à Fleury-les-Aubrais de Elie Emile Lavrat (né le 12/09/1892 à Azy dans le Cher, conducteur électricien SNCF et Conseiller Minicipal) et de Berthe Mémeron (née le 18/09/1896 à Menetou-Salon dans le Cher) qui habitent alors rue Auguste Rolland à Fleury-les- Aubrais. Il a un frère : Gilbert Jean Emile (né le 17/02/1920 à Fleury-les-Aubrais). André Lavrat est décédé le 20 janvier 2010.

Source : G. Percicot - http://gpercicot.canalblog.com/albums/andre_lavrat_ferronnier/index.html

Un artiste en herbe

Dans sa jeunesse André Lavrat multiplie les prix d’excellence : 1er prix de dessin au cours de dessin géométrique en première année B à l’École Régionale des Beaux-Arts en 1935, 1er prix de chaudronnerie à l’École Régionale des Beaux-Arts en 1936, Prix d’honneur de 100 francs en dessin de chaudronnerie à l’École Régionale des Beaux-Arts

Un sportif accompli

Il est également champion de gymnastique au Cercle Michelet et champion Junior de l’USGTL en 1939. Pour éviter le STO, il s’engage dans les pompiers de Paris. Après avoir fait ses classes à Dupleix, il est affecté à la caserne Rousseau où il tente de continuer à s’entrainer à la gymnastique. Il rejoint ensuite Gilbert Duchemin, gymnaste international, à la caserne de Champeret de manière à pouvoir s’entrainer à Puteaux avec le champion de France Raymond Dot. Il passe par ailleurs l’examen de tôlier pour accéder à la Compagnie Hors rang et est affecté à l’atelier. Lors d’une compétition à Saint-Maur en 1939, il se blesse à la barre fixe : luxation du coude qui sera mal soignée et qui le gênera toute sa vie. Il est réformé des pompiers de Paris et écarté de la gymnastique qu’il aurait aimé poursuivre. Il revient à Orléans et retourne tout de même au Cercle Michelet.

A la suite du bombardement de la maison route de Villevaude, la famille Lavrat, composée de Elie, Berthe, André et son frère Gilbert quitte Fleury-les-Aubrais. Elle est hébergée par la famille Duranthie avant d’habiter temporairement le 2ème étage du 39 boulevard Alexandre Martin à Orléans en 1945-1946, avant de déménager pour le 1bis Venelle de la Boëche en 1947, où ils resteront au moins jusque 1952.

Le tôlier à l’Argonne

André Lavrat s’établit dans le quartier de l’Argonne, rue du Fil-Soie, en 1945 après son mariage avec Renée Péan, avec laquelle il aura deux enfants: Michel et Josette. Il établit son atelier de tôlerie, chaudronnerie et de soudure au 24 rue du Fil Soie (au croisement de la rue Pierre et Marie-Curie et de l’avenue Marie Stuart en 2018).

Article non daté de La République du Centre avec l'Argonne Circus.

Le Directeur de cirque

Durant son séjour à l’Argonne, André Lavrat participe largement à l’animation du quartier lors des Fêtes de l’Argonne avec son ami André Gascoin et propose des évènements, à l’occasion des Fêtes de Noël, par exemple. Un film/documentaire sur ce cirque est produit par Max de Rieu et diffusé à l’ORTF le 24 novembre 1950.

Un cirque est né à Orléans. La République du Centre du 2 août 1950.

C’est aussi à cette période qu’il crée le Cirque Lavrat qui deviendra Les Cosonas, puis la Piste Fantastique.

Le Cirque Lavrat deviendra le « Premier Cirque Télévisé »

Après le divorce d’avec sa première femme, André Lavrat épouse Simone Bracquemond dont il a eu un fils : François Lavrat (né le 01/12/1962 à Orléans). Il déménage pour le Domaine de la Tuilerie au 2190 RN 20 à Saran en octobre 1956. C’est dans cette ferme qu’il poursuivra ses activités de cirque et qu’il développera son atelier de ferronnerie bien connu, dans lequel œuvre désormais son fils, François.

Le funambule

Sa première représentation publique en tant que funambule aurait eu lieu à Artenay en 1949. Le 8 mai 1952 (à l’occasion des fêtes de Jeanne d’Arc) traverse la Loire à Orléans au niveau du Pont Royal, sous une pluie battante et un léger vent, devant mille orléanais. Le câble se déroba sous ses pieds, André Lavrat se rattrapa comme il put, cassa son balancier, mais termina sa traversée. Le 20 juillet 1952 à Meung-sur-Loire (au lieu-dit « Le bout du Monde ») André Lavrat traverse la Loire (400 m) à 12 mètres de hauteur en 13’11″08″‘. Le 23 juillet 1952, France Soir annonce en première page, photo à l’appui, « L’exploit sensationnel du funambule André Lavrat qui, à Meung, a parcouru 400 m sur un fil de fer au-dessus de la Loire ». Il réitère sa performance le 21 août 1955 en traversant la Loire à Sully-sur-Loire.

André Lavrat est à l’époque le 3ème au monde à faire le saut périlleux sur un fil et le 1er à avoir traversé la Loire sur un fil. Pour ces traversées, Lavrat demande à Hubert Meunier, fameux menuisier du quartier, de lui fabriquer des chaises. Le directeur d’un garage lui prête une traction sur laquelle il fera peindre « Cette voiture est offerte par le garage Saint-Martin à André Lavrat pour sa traversée de la Loire sur un fil le 8 mai 1952 à 19h ». Avec 100 pots d’échappement peints en rouge, il réalise des tirelires pour collecter des fonds afin de financer son nouveau cirque, les Cosonas, qu’il emmènera en tournée en 1957. L’entrée est à 100 francs.

Le sculpteur

Après le décès accidentel de son frère Gilbert, il décide de se consacrer à la création sur métal. Il est l’inventeur en 1962 de l’art du fer en fusion pour lequel il dépose un brevet. Il devient le premier sculpteur à utiliser la soudure pour la décoration de ses œuvres et dépose un brevet à ce sujet.

Le 2 janvier 1958 André Lavrat immatricule au RCS la société « Monsieur André Lavrat » / « Art du Fer en Fusion » spécialisée dans la fabrication d’articles métalliques. Cette société sera radiée le 2 décembre 2011 suite au décès d’André Lavrat. Au début des années 70, André Lavrat collabora avec Roger Toulouse.

Quelques œuvres remarquables d’André Lavrat :

André Lavrat a rencontré Marcel Aymé (écrivain, dramaturge, nouvelliste, scénariste et essayiste), Annette Wademan et Raymond Rouleau (acteur, réalisateur et metteur en scène) qui lui ont expliqué le projet d’un film dans lequel Yves Montand jouerait le rôle d’un lutteur de foire qui, à la mort de son père, construit un manège de foire sur le modèle du Rool Boul. Après que André Lavrat leur eut exposé sa vie, Raymond Rouleau décide de changer le scenario et de baser le film sur la vie d’André Lavrat, avec Yves Montand jouant son personnage. Le projet n’est, au final, pas réalisé.

André Lavrat et Jacques Bernardeau devant le Rool-Boul qui trône désormais sur le rond point de l’UTOM à Saran.
Source : https://www.stationnement-orleans.fr

Gymnaste, funambule, pompier, réparateur de vélos, fabricant de pneus pleins, tôlier, homme de cirque, manageur, sculpteur, musicien, André Lavrat fut un véritable touche-à-tout, imaginant l’innovation de manière inlassable, et souvent précurseur en matière de communication.

Références :

  • Lavrat, André. Sur le fil de la vie, Lys Editions Amatteis, 2009.
  • Beghad, Charles. Les Équilibres d’André Lavrat, FLAM, Fleury-les-Aubrais, 2000, 92 p.
  • Journal du Loiret du 9 juillet 1935
  • Journal du Loiret du 14 juillet 1936
  • Journal du Loiret du 13 juillet 1937
  • Journal du Loiret du 13 juillet 1938
  • Journal France Soir du 23 juillet 1952
  • Recensement de population de la commune de Fleury-les-Aubrais, Archives départementales du Loiret (8M17)
Cet article est également disponible sur l’EncyclO, site des Archives Municipales et Communautaires d’Orléans.