Une cité d’urgence est un type de construction, réalisé comme son nom l’indique dans « l’urgence » face aux problèmes de mal-logement dans les années 1950. Ces cités d’urgence, censées rester une solution provisoire permettant de résorber les bidonvilles dans l’attente de la construction des grands ensembles de logements sociaux, ont pourtant duré bien plus longtemps que prévu, jusque dans les années 1970, voire au-delà.

Les cités d’urgence sont nées après l’appel de 1954 de l’abbé Pierre. Devant les problèmes de mal-logement, le gouvernement débloque 10 milliards de francs pour la construction rapide de logements.

A Orléans, la Cité d’Urgence du Belneuf était localisée sur l’actuel terrain de sport du Belneuf, rue Eugène Sue.

La Ville d’Orléans vote, le 18 janvier 1954, l’acquisition de terrains dans le Clos de Belneuf destinés à de l’accession à la propriété ou à la création d’un nouveau cimetière. Parmi les propriétaires des terrains vendus, on peut relever une certaine Alice Lemesle.

Lors du Conseil Municipal du 25 septembre 1959, la décision est prise de réserver une partie de ces terrains pour la construction de « logements de dépannage ». La construction est confiée à la Société Lécorché Frères pour un montant de 58.500.000 Fr. Ce marché comprend la construction de 50 logements dans des immeubles en bois à 2 niveaux, à raison de 2 immeubles A (8 logements de 3 pièces et 2 de 2 pièces par immeuble) et de 3 immeubles B (8 logements de 3 pièces et 2 de 4 pièces par immeuble), soit 5 immeubles Ces logements sont équipés d’électricité, de gouttières et de descentes d’eau, mais pas de receveurs de douches, la « salle d’hygiène » étant toutefois prévue pour recevoir, outre un siège de W.C. un équipement de cette nature. Un avenant du 28 janvier 1960 porte le nombre de bâtiments à 6, et de logements à
60.

Les photographies aériennes montrent l’évolution du terrain.

Liste des habitants des 6 premiers bâtiments avec date d’arrivée

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Le 27 juillet 1960, il est décidé de construire 20 logements supplémentaires dans deux bâtiments supplémentaires pour au total 8 logements de 2 pièces, 8 de 4 pièces et 4 de 3 pièces. La construction est également confiée à la société Lécorché. A noter que, durant la délibération, le Maire indique que « les HLM recrutent leurs locataires parmi les classes relativement aisées, alors que nous avons quantité de demandes de familles plus modestes qui ne peuvent accéder à ces logements ».

Au total, la Cité d’Urgence du Belneuf comprendra 8 bâtiments préfabriqués sur 7036 m² (dont 3536 utiles) et 80 familles.

La cité offrait un progrès puisqu’elle apportait un minimum de confort et d’hygiène dont ne disposaient pas auparavant les bénéficiaires. Les logements étaient bien entretenus et quoique modestes donnaient satisfaction à leurs locataires. Mais avec le temps, la majeure partie des locaux a été rapidement transformée en taudis. On cite le cas de logements dont les tuyauteries en plomb furent démontées pour être vendues et remplacées par des chambres à air. En juin 1977, soit vingt ans environ après la construction de la cité d’urgence, Mme Raymonde Glaume, conseillère municipale, interpelle par courrier le maire d’Orléans R Thinat, sur les relations conflictuelles entre les riverains du Belneuf et les habitants de la cité d’Urgence. Elle indique que depuis les années 1970 nombres de riverains ont enclenché des démarches et des pétitions en vue de la disparition de la cité. Elle propose la constitution d’un groupe de travail présidé par le maire. Celui-ci lui répond en aout 1977 et donne son accord pour la constitution du groupe qui aura pour mission le relogement des locataires de la cité, relogement qui s’effectuera à la fin de la construction des 108 logements prévus à la Borde aux Mignons fin 1978.

Le compte-rendu de la séance du Conseil Municipal du 26 mai 1978 donne le nom des habitants de la Cité d’Urgence de Belneuf relogées et leur nouvelle adresse.