24 rue de la Pellerine, Orléans
En 1874, Léon Fournier, architecte-voyer de la ville d’Orléans et inspecteur de l’éclairage au gaz, fait construire un pavillon sur une parcelle située à l’angle des rues de La Pellerine et du Château-Gaillard.

Les moellons et la pierre de Beauce nécessaires à la construction ont été prélevés directement dans le sous-sol de la parcelle grâce à un puits d’extraction. Le puits est toujours présent dans le jardin. Ce mode de construction a cessé à l’orée du 20e siècle.

Plusieurs propriétaires se sont succédé. Après le décès de Léon Fournier, la maison est rachetée par Amédée Roux, en 1895. Celui-ci, natif de la commune de Saint-Servan, actuellement quartier de Saint-Malo, est probablement l’auteur du nom de Villa Saint-Servan, attribué à la propriété. En 1924, la villa est vendue à Henri David. En 1926, elle est cédée à Robert Moïse Legrand-Chaufton. Puis, en 1946, elle devient la propriété de Henriette veuve Legrand née Chaufton et en 1965 de Louis Jacquet-Chaufton. Dès le début du XXème siècle, la maison est mise en location. En 1946, Paul Racinoux, fonctionnaire, Jeanne son épouse et leurs enfants s’y installent. En 2025, le bien appartient à l’un d’entre eux, Serge Racinoux, qui en a fait l’acquisition en 1979.
Depuis, l’habitation a subi quelques rénovations mais a conservé la plupart des éléments décoratifs qui font son charme, notamment, une belle girouette en zinc décorée par un bateau à voiles, deux grandes cheminées construites avec deux tons de briques, dont les mitrons signés des Tuileries de Vierzon sont modelés en forme de couronne, un toit en ardoise bordé de lambrequins* en bois.


Le jardin est clôturé par des grilles en fer forgé demi-rond creux réalisées par les Ets Guillot-Pelletier** à Orléans. La coiffe du portail dessine un cœur en fer forgé au dessus du nom « Villa Saint-Servan ».

La pièce la plus étonnante du jardin est un ensemble ornemental constitué d’un bassin, des rocailles et un kiosque, construits par des maçons rocailleurs fin 19ème ou début 20e siècle. Le kiosque destiné à recevoir des amis à table au bord de l’eau, est un ouvrage typique de l’art du rusticage ou art du faux bois, consistant à réaliser des ouvrages maçonnés imitant les formes et les textures du bois à l’aide de mortiers de ciment appliqués par couches successives sur une structure de fers à béton et de grillage.(https://dessinerjardin.fr/rusticage-rocaillage-faux-bois) . Ce genre d’ouvrage est visible dans des parcs publics, des villégiatures, mais rarement dans des petits jardins privés. En octobre 2025, l’ensemble ornemental a obtenu le Label de la Fondation du Patrimoine.


- * Les menuisiers d’ornement avaient à cœur de ne jamais refaire le même lambrequin d’une maison à une autre.
- ** Guillot-Pelletier est une entreprise de constructions métalliques fondée en 1838, elle avait une grande renommée pour ses vérandas, kiosques à musique, halles de marchés, etc. Ils sont aujourd’hui encore le fleuron architectural de nombreuses villes de France.
Sources :
